vendredi 27 août 2010

Mieux comprendre l'effondrement du marché immobilier US

Après une chute de 27.2% des ventes de logements en juillet aux USA, quelques chiffres et graphiques pour mieux comprendre l'ampleur de la crise immobilière (source NRA).


• le prix moyen des maisons est de 182 600 $ (soit 144 000 euros) en Juillet 2010 (0,7% plus élevé que Juin 2009.

• les maisons invendus constituent 32% du marché contre 31% en Juillet 2009.


• le nombre de maisons à vendre s'est acrru de 2,5% à 3,98 millions de foyers - un stock de 12,5 mois au rythme actuel des ventes, en hausse de 8,9% depuis mai 2010.

• Les invendus des stocks reste 12,9% en dessous du record de 4,58 millions de dollars en Juillet 2008.

• Les ventes de maisons existantes dans le Nord a chuté de 29,5% (30,3% à partir de Juillet 2009): ils ont baissé de 35% dans le Midwest (33,3% hors de Juillet 2009); Ils sont tombés de 22,6% dans le Sud (19,8% de moins qu'en Juillet 2009), et ont reculé de 25% dans l'Ouest (hors 23% de Juillet 2009).

Vente de maisons USA : cliquez sur les images pour voir le détail

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source : immobilier finance blog
http://immobilier-finance-gestion.over-blog.com/article-mieux-comprendre-l-effondrement-du-marche-immobilier-us-55963619.html

Effondrement du marché immobilier US

Les ventes de logements anciens ont dégringolé en juillet de 27,2% sur un mois. Elles touchent ainsi un plus bas depuis 15 ans.

La chute est deux fois plus importante que prévue. Les ventes de logements anciens aux Etats-Unis ont dévissé de 27,2% en juillet par rapport à juin, selon les chiffres publiés mardi par l'Association nationale des agents immobiliers (NAR). Une statistique qui abonde dans le sens des économistes prévoyant une rechute de l'économie américaine.

Les ventes de biens immobiliers existants ont ainsi touché un plus bas depuis 15 ans en juillet. Les ventes de juin ont, elles, été revues à la baisse à 5,26 millions d'unités, contre 5,37 précédemment.

Ces chiffres catastrophiques sont certes pire qu'attendus mais ne sont pas une surprise totale. Ils correspondent en effet à l'arrêt du crédit d'impôts mis en place par l'Etat fédéral afin de soutenir les ventes. «Les particuliers se sont très rationnellement rués sur le marché avant l'expiration de cette mesure en mai», explique Laurence Yun, économiste en chef de la NAR.

«Depuis cette date, les signatures de contrats de vente ont été bien moins nombreuses. Il faut s'attendre à une pause jusqu'à fin septembre.» D'autres économistes tablent sur une poursuite de la glissade des volumes de ventes jusqu'en 2011.

Partage des profits

L'aggravation de la situation sur l'immobilier survient alors même que les taux d'intérêt sont au plus bas. Habituellement, cela devrait relancer le marché. Ce paradoxe «peut s'expliquer par le fait que les perspectives d'emploi sont mauvaises», avance Aneta Markowska, économiste Etats-Unis chez Société générale CIB. «Les entreprises ne partagent pas vraiment leurs profits avec les salariés, fragilisant ainsi la reprise.»

Or, «pour avoir une reprise solide dans l'immobilier, il faut que l'emploi reparte», analyse Scott Brown, économiste en chef chez Raymond James, cité par Bloomberg. Il faut aussi que les ménages finissent de se désendetter, ajoutent d'autres analystes. Ainsi, pour Thomas Julien, de Natixis, «le secteur immobilier ne se redressera que lentement, tiré par des facteurs structurel (hausse de la population par exemple) mais freiné par le désendettement en cours des ménages».

Guillaume Guichard
Rédacteur, Le Figaro

Comparaison des prix immobiliers à l'international - J FRIGGIT aout 2010


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Source : Immobilier Finance Blog
http://immobilier-finance-gestion.over-blog.com/article-effondrement-du-marche-immobilier-us-55903583.html

lundi 23 août 2010

Immo US : L’avenir de Fannie et Freddie toujours en point d’interrogation

Il reste quelque cinq mois au gouvernement américain pour présenter un projet de loi qui déterminera l’avenir des deux organismes de refinancement hypothécaire Fannie et Freddie. La question a prudemment été repoussée après les élections législatives de mi-mandat…



Le gouvernement américain a semblé toujours chercher désespérément des idées mardi sur l’avenir de son coûteux système public de financement des achats immobiliers, et en particulier de ses deux géants Fannie Mae et Freddie Mac, lors d’une conférence à Washington.

« Réparer ce système est l’un des problèmes de politique économique les plus importants et les plus compliqués auxquels est confronté notre pays », a déclaré le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, dans un discours ouvrant cette conférence dans les murs de son ministère à Washington.

Il reste quelque cinq mois au gouvernement pour présenter, comme il s’y est engagé en juillet, un projet de loi qui déterminera l’avenir des deux organismes de refinancement hypothécaire Fannie et Freddie. La question a prudemment été repoussée après les élections législatives prévues à mi-mandat pour le président Barack Obama, en novembre.

La seule certitude, c’est qu’il n’y aura pas de retour au modèle d’avant la crise.

« Nous ne soutiendrons pas l’idée que Fannie et Freddie reviennent au rôle qu’ils jouaient avant la mise sous tutelle, où ils se battaient pour prendre des parts de marché à leurs concurrents privés, tout en bénéficiant du privilège du soutien de l’Etat », a indiqué M. Geithner.

Ces deux groupes ont fait le bonheur de leurs actionnaires (privés) à l’époque de la bulle spéculative de l’immobilier. Quand elle a éclaté en 2007, l’édifice sur lequel ils reposaient s’est effondré.

Ils ont été renfloués à hauteur de 148 milliards de dollars par l’Etat fédéral. Aujourd’hui, grâce à une ligne de crédit illimitée auprès du Trésor, Fannie et Freddie portent quasi à eux seuls l’ensemble du marché des nouveaux prêts immobiliers.

Ce marché reste largement déprimé, souffrant encore des excès de la construction entre 2004 et 2007. Selon des chiffres publiés mardi par le département du Commerce, il n’y avait jamais eu aussi peu, depuis quarante ans que ces statistiques sont tenues, de logements en construction aux Etats-Unis: 457.000 fin juillet, pour un pays de 300 millions d’habitants.

Ni les taux d’intérêt historiquement faibles offerts aux emprunteurs, ni les prix bas ne suffisent à attirer les acheteurs.

M. Geithner a joué mardi un rôle inhabituel pour l’homme qui tient les finances publiques: c’est lui qui posait les questions. Il a animé d’un débat policé entre trois chercheurs, deux financiers (de Bank of America et du fonds obligataire Pimco) et le président d’une association de défense des villes et quartiers défavorisés (National Urban League).

Le consensus s’est établi autour d’une idée simple: « le marché immobilier est trop subventionné » selon les termes de l’économiste de Moody’s, Mark Zandi, et c’est au privé de reprendre peu à peu la main. Le rôle du financement ou de la garantie par les fonds publics ne devrait être prépondérant que dans des secteurs comme l’accession à la propriété des ménages les plus défavorisés, l’habitat social ou le logement étudiant.

Une autre certitude, c’est que l’Etat sera à l’avenir un régulateur beaucoup plus attentif de la finance.

L’idée semble si durablement installée dans les esprits qu’elle a même été défendue par le représentant du cercle de réflexion ultralibéral American Entreprise Institute, Alex Pollock.

« Merci beaucoup. Vous avez été constructifs, vous avez été sensés, vous êtes venus avec de solides convictions », a salué le secrétaire au Trésor à l’issue de ce débat.

Fannie et Freddie causeront de lourdes pertes

La politique récente des géants américains du refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac de rendre aux prêteurs initiaux des prêts immobiliers à problème devrait causer de lourdes pertes pour les banques du pays, a affirmé mercredi l’agence de notation Fitch.

Dans une étude, Fitch a estimé entre 17 et 27 milliards de dollars les pertes menaçant les quatre plus grands prêteurs immobiliers du pays (JPMorgan, Citigroup, Bank of America et Wells Fargo) dans les cas «les plus probables».

Fitch a imaginé une hypothèse «moins probable» où les pertes des quatre banques grimperaient à environ 42 milliards de dollars.

«Pour mettre ces chiffres en perspective», Fitch a rappelé que les quatre banques totalisaient un bénéfice net annuel de 54 milliards de dollars, et des fonds propres corporels de 391 milliards de dollars.

Fannie Mae et Freddie Mac, sous tutelle publique, font aujourd’hui la chasse aux prêts dont ils estiment que les problèmes sont imputables à des manquements dans l’examen des garanties financières de l’emprunteur.

Quand ils détectent un dossier mal ficelé, ils contraignent la banque prêteuse à racheter le prêt, afin d’assainir leur portefeuille. Ces dossiers où manquent des pièces essentielles pour prouver les revenus des emprunteurs ont été monnaie courante aux Etats-Unis lors des années de bulle spéculative dans l’immobilier, particulièrement en 2006.

Selon Fitch, Fannie Mae et Freddie Mac ont jusque-là demandé le rachat de 10,7 milliards de dollars de prêts, un total qui pourrait monter jusqu’à 180 milliards.

Source : http://lupus1.wordpress.com/2010/08/19/immo-us-lavenir-de-fannie-et-freddie-toujours-en-point-dinterrogation/

Immo US : L'échec de l'aide aux propriétaires

L’échec d’un programme public d’aide aux propriétaires immobiliers en difficulté aux Etats-Unis n’a fait que devenir plus patent, cinq mois après une tentative du gouvernement pour y remédier, selon des chiffres publiés vendredi par le département du Trésor. Selon ces chiffres, environ 630.000 (soit 48%) des 1,307 de millions de propriétaires qui avaient obtenu une réduction, provisoire ou permanente, de leurs échéances de prêt avec l’aide de l’Etat ont vu ce dispositif annulé.

Le Trésor a relevé trois raisons principales: l’incapacité du propriétaire à honorer ses engagements financiers, l’absence de certaines pièces, ou des irrégularités (le logement n’étant pas la résidence principale, ou un emprunteur ayant fait une fausse déclaration sur ses revenus).

Le programme d’aide aux propriétaires en difficulté avait été lancé par le président Barack Obama en mars 2009, deux mois après son entrée en fonctions. Son objectif à l’origine était d’éviter la saisie à 7 à 9 millions de ménages. Face aux proportions de demandes de modification des conditions de remboursement rejetées, le gouvernement avait annoncé un an plus tard des ajustements.

Il avait demandé aux banques partenaires de vérifier plus attentivement les nouveaux dossiers soumis à l’Etat, ce qui les a poussées à réexaminer les dossiers plus anciens. Le secrétaire adjoint au Trésor Herbert Allison s’est refusé à parler d’un échec. Les propriétaires qui sont sortis de ce programme «se font aider d’une autre manière», comme en consultant un conseiller financier ou en négociant directement avec leur banque, a-t-il affirmé lors d’une conférence téléphonique.

Source : http://lupus1.wordpress.com/2010/08/23/immo-us-lechec-de-laide-au-proprietaires/

mardi 17 août 2010

En ce début août 2010, de nombreux chiffres permettent de mieux comprendre le marché immobilier actuel. Voici un point sur les taux de crédit immobilier, les prix à Paris, les chiffres des notaires sur l’immobilier en Province, la courbe de Friggit et les modifications à venir sur les aides à l’achat.

Paris : les prix immobiliers retrouvent leur point le plus haut
Les prix immobiliers n’en finissent plus de monter à Paris. En effet, entre le 31 mai et le 30 juin, MeilleursAgents.com enregistre à nouveau une hausse des prix :

Prix à Paris : + 1.3 % (6 921 € par m²)
Prix en Ile-de-France (hors Paris) : + 1.9 %
Les responsables de MeilleursAgents estiment que cette nouvelle flambée des prix des appartements à Paris est la conséquence de la peur en l’avenir.

Cette forte hausse des prix n’est pas du tout suivi par les volumes. En effet, les volumes sont en baisse de 30 % si on les compare à la période 2002 à 2006. Plus les prix continueront à monter et moins il y aura de transactions...

La hausse des prix à Paris est confirmée par les notaires de l’Ile-de-France. Un article du Monde.fr relate les chiffres des hausses de prix de l’immobilier à Paris. Entre mars à mai 2010 et mars à mai 2009, les prix ont augmentés de 5.1 % dans l’immobilier ancien en Ile-de-France.

L’évolution des prix est plus marquée sur Paris intra-muros :

Hausse de 7,2 % pour Paris intra-muros
Hausse de 5.4 % en petite couronne de Paris
Hausse de 3.1 % des prix en grande couronne de Paris.

Les prix immobiliers en Province d’après les notaires
Les notaires de Province ont également communiqué les prix de l’immobilier en Province. Comme chaque trimestre, il est difficile d’interpréter ces données à cause d’un nombre de transactions insuffisant. Voici la note de conjoncture immobilière de juillet 2010, chacun pourra y rechercher les informations qui l’intéressent.

Voici les principales informations à retenir :

Les volumes de vente augmentent mais on est encore loin des niveaux d’avant crise.
Le prix des appartements dans l’immobilier ancien en Province est en légère hausse d’après les chiffres provisoires du premier trimestre 2010 : +1.1 % en variation sur 3 mois et +1.4 % en variation sur un an.
Le prix des maisons anciennes augmente aussi : +0.9 % sur 3 mois et + 1.2 % sur un an.

Friggit août 2010
Jacques Friggit a actualisé la courbe du montant total des transactions immobilières avec les données du mois de juillet 2010. Voici donc la nouvelle courbe de Friggit en ce début août 2010 :

http://www.immobilier-danger.com/IMG/friggit-aout-2010.png

Malgré une forte remontée après une année 2009 catastrophique, ce montant total des ventes est encore loin des niveaux observés depuis les années 2000 et cela malgré des taux de crédit extrêmement bas...

La baisse des taux de prêt immobilier marque une pause
La moyenne des taux de prêt immobilier passe à 3.39 % sur les crédits immobiliers signés en juillet selon les derniers chiffres du Crédit Logement / CSA sorties début août 2010. Cela constitue donc une très légère remontée des taux. En effet, le taux moyen d’un emprunt immobilier était à 3.38% en juin.

Découvrez également de nombreux chiffres sur les prêts immobiliers souscrits au second trimestre 2010 sur notre article consacré au taux de crédit immobilier en août 2010.

Du nouveau sur les futures modifications des aides au logement
Comme annoncé depuis le début de l’année, le gouvernement travaille sur une refonte des aides au logement. Voici un résumé des possibles changements à venir :

Suppression du crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt. Il sera remplacé par un nouveau prêt à taux zéro dès 2011.

  • Le Pass Foncier doit, lui aussi, disparaître à la fin de l’année
  • Évocation d’une possible suppression de la TVA à 5.5 % dans le bâtiment.
  • Possible majoration systématique de la taxe foncière pour les terrains à bâtir pour inciter les propriétaires de terrains constructibles à y construire un logement ou à vendre.
  • Possible modification de la taxe sur les plus-values de cession immobilière : la rendre croissante dans le temps et non plus décroissante.

Source : http://www.immobilier-danger.com/Immobilier-aout-2010-les-chiffres-330.html

lundi 16 août 2010

Toujours beaucoup de saisies immobilières

Les saisies immobilières aux États-Unis se poursuivent sur un rythme record, si l’on en croit les derniers chiffres dévoilés ce jeudi par la firme RealtyTrac Inc. Les « repossessions » des créanciers bancaires ont concerné cette fois 92.858 logements en juillet, en croissance de 9% en comparaison du mois de juin et en progression de 6% en glissement annuel, par rapport à juillet 2009. Le mois de juillet est le 8ème mois consécutif de croissance des saisies. Les défauts de paiement signalés des emprunteurs propriétaires immobiliers sont aussi en légère hausse, mais la croissance des saisies correspond surtout au nettoyage par les banques de leur « backlog » de mauvais crédits.

RealtyTrac évalue à un million le nombre des Américains qui devraient perdre leurs logements cette année. Las Vegas restait la ville la plus touchée en juillet. Du côté des États, le Nevada affiche un taux record de saisies avec un foyer sur 82 ayant reçu en juillet les fameuses « notices de saisies », qui constituent la première étape avant une saisie réelle ou une mise aux enchères.

source :
http://lupus1.wordpress.com/2010/08/15/la-fed-completement-perdue-par-yves-de-kerdrel/

mercredi 11 août 2010

Immobilier : La reprise mondiale du marché de l’habitation s’essouffle, selon Études économiques Scotia

TORONTO, le 10 août /CNW/ – La reprise mondiale du secteur de l’habitation, qui avait affiché un bon rendement au premier trimestre, a encore ralenti selon le plus récent rapport Perspectives du secteur immobilier mondial, publié aujourd’hui par Études économiques Scotia. Les données disponibles portant sur le deuxième trimestre indiquent que la demande et les prix ont fléchi, parallèlement au ralentissement de la croissance mondiale, à la volatilité accrue des marchés financiers et à une création d’emplois anémique.

« Les marchés mondiaux de l’immobilier ont abordé 2010 avec un optimisme renouvelé, portés par la reprise économique générale en cours », remarque Adrienne Warren, économiste principale à Études économiques Scotia. « Au premier trimestre, la demande et le prix des maisons étaient à la hausse dans la plupart des pays avancés que nous suivons grâce à des taux d’intérêt extrêmement bas, à une meilleure accessibilité économique et, dans certains cas, à des programmes gouvernementaux d’encouragement à l’achat. »

L’Australie et le Canada, où le prix moyen des maisons, rajusté en fonction de l’inflation, a grimpé de 10 % et plus, ont mené le bal grâce à leur situation relativement plus favorable sur le plan de l’emploi et du crédit. La Suède et la Suisse ont affiché des augmentations constantes, alors qu’au Royaume-Uni, le prix des maisons en glissement annuel est revenu en territoire positif pour la première fois en deux ans. Pour leur part, les marchés américains et français n’ont subi que de très légères baisses.

Par ailleurs, il y a eu quelques exceptions à cette tendance générale à l’amélioration, particulièrement en Espagne et en Irlande. Dans ces deux pays, le prix des maisons en glissement annuel a continué de fléchir, plombé par une offre excédentaire et un chômage élevé. Le marché immobilier japonais ne semble pas près lui non plus de sortir de la dépression dans laquelle il est plongé depuis vingt ans.

« C’est au Canada que ce nouveau ralentissement a été le plus spectaculaire », note Mme Warren. « Au deuxième trimestre, le prix moyen en glissement annuel n’a augmenté que de 6,8 %, alors qu’il gagnait 16,6 % au premier trimestre. Les ventes, quoique toujours nombreuses, affichent une tendance soutenue à la baisse, parallèlement à la réduction de l’accessibilité économique et à l’essoufflement de la demande comprimée.

« Pendant ce temps, l’augmentation du nombre d’inscriptions fait en sorte que les conditions globales du marché sont de nouveau favorables aux acheteurs », poursuit Mme Warren. « Nous prévoyons que la demande restera faible jusqu’à l’an prochain et que les prix seront à peu près stables. »

Selon le rapport, le passage des marchés mondiaux de l’habitation d’une situation de surévaluation et de surcapacité, comme c’était le cas entre le milieu et la fin de la dernière décennie, aux conditions actuelles devrait être lent et inégal. Pour certains des marchés les plus durement touchés dans lesquels les ménages et les gouvernements poursuivent leur désendettement, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Irlande, Études économiques Scotia prévoit toujours que le rajustement se poursuivra sur plusieurs années. Dans les pays où la croissance est plus forte, comme le Canada et l’Australie, les activités dans le secteur de l’habitation devraient fortement ralentir comparativement aux dernières années.


Source: cnwtelbec aout10

mardi 10 août 2010

La crise actuelle fait penser à...


La crise actuelle est généralement comparée à celle de 1929. Pourtant, la référence la plus appropriée est plutôt la crise japonaise des années 90. Ben Bernanke, le patron de la Fed, l'avait étudiée en détail. Il cherche aujourd'hui à éviter les grossières erreurs commises par les autorités japonaises dans la gestion de cette crise.

S'il est un sujet qui n'a cessé de hanter les autorités monétaires américaines ces dernières années, c'est bien celui de l'implosion financière du Japon pendant la décennie 90. Dès 2000, Ben Bernanke, qui allait succéder à Alan Greenspan à la tête de la Fed, la banque centrale américaine, dénonçait la paralysie de la Banque du Japon et l'extrême médiocrité de sa gestion monétaire depuis la fin des années 80 (1). De fait, la référence obligée des Banques centrales face à la secousse financière qui ébranle le monde depuis l'été 2007 n'est pas tant la crise de 1929 que la déflation financière et monétaire qui a étouffé la croissance japonaise entre 1992 et 2003.

Les similitudes ne manquent pas en effet. Dans les deux cas, la crise est provoquée par l'éclatement d'une double bulle, boursière et immobilière. Dans les deux cas, l'inflation financière est alimentée par une politique monétaire exceptionnellement expansive. Au Japon, la croissance accélérée du crédit à la fin des années 80 est encouragée par la banque centrale, qui entend ainsi aider les entreprises à faire face à l'appréciation phénoménale du yen, dont le taux de change face au dollar augmente de 90% entre 1985 et 1988. Aux Etats-Unis, l'aisance monétaire est voulue par la Fed dans la première partie des années 2000, pour contrer les effets de l'éclatement de la bulle Internet. Elle est accentuée par le recyclage massif des excédents asiatiques, puis de l'Opep sur le marché financier américain.

Krach boursier, faillites et déflation
Tout comme dans la crise actuelle, l'effondrement de la Bourse japonaise - le nikkeï, qui avait triplé entre 1985 et 1989, perd 60% en deux ans - et des prix fonciers frappe de plein fouet le système bancaire. Face à la fonte de leurs capitaux propres, dont la valeur boursière s'est évaporée, les banques sont obligées de se recapitaliser au plus vite. Parallèlement, le krach de l'immobilier et du prix des terrains les contraint à provisionner massivement les créances douteuses accumulées sur les ménages et les entreprises. Pour rééquilibrer leur bilan, les banques n'ont d'autre choix que de vendre à perte une partie de leurs actifs (actions, terrains, immeubles), ce qui déprime encore davantage les cours. Surtout, elles réduisent de façon drastique l'encours des crédits qu'elles accordent, ce qui accroît les difficultés des entreprises, donc le volume des créances douteuses, et ainsi de suite.

En 1994, sept organismes de crédit immobilier, les jusen, font faillite, menaçant d'entraîner avec eux leurs maisons mères, qui ne sont autres que les principales banques du pays. En 1997, la faillite de trois banques d'affaires (Sanyo Securities, Yamaichi Securities et la Hokkaido Takushoku Bank) fait basculer le système bancaire dans une crise systémique totale. Le marché interbancaire est entièrement paralysé.

Fin 1998, le gouvernement doit procéder à la nationalisation de deux banques d'affaires en faillite, Long Term Credit Bank, l'une des toutes premières banques mondiales, et Nippon Credit Bank. A contrecoeur, il se résout à injecter des capitaux publics dans le secteur bancaire. Fin 1998, il y avait investi 495 milliards de dollars, soit 12% du produit intérieur brut (à comparer aux 7% aux Etats-Unis à ce jour). Cela ne devait pourtant pas suffire: entre 1998 et 2003, les nouvelles créances douteuses inscrites au bilan des banques s'accroissent plus rapidement que les anciennes ne sont effacées. Elles atteindront le niveau record de 330 milliards de dollars en mars 2002, soit 8,4% de l'encours des crédits.

Entre-temps, en effet, la déflation s'était durablement installée dans l'économie. La baisse des prix laisse la politique monétaire apparemment impuissante, les taux d'intérêt, ramenés à 0,5% en 1995 puis à 0 en 1999, ne pouvaient tomber plus bas (voir graphique). Or la baisse des prix représente un poison mortel pour l'économie réelle: en augmentant les taux d'intérêt réels et la valeur des dettes, elle asphyxie les entreprises et les force à se débarrasser de leurs avoirs et à solder leurs stocks pour se désendetter. Ce qui accentue la déflation et accroît encore le niveau du taux d'intérêt réel. En avril 2003, le nikkeï touche son point bas à 7 830 points; il avait atteint un sommet de 39 000 en décembre 1989! Dans le même temps, le prix des terrains a perdu 80% de sa valeur.

Le redressement n'interviendra qu'après 2003. En 2001, la Banque du Japon décide d'inonder le marché financier en portant de 40 à 300 milliards de dollars le montant des titres qu'elle est susceptible d'accepter à son bilan; elle étend également la gamme de ces titres aux actifs titrisés (*) des banques et aux actions. Elle poursuivra cette politique, dite de "détente quantitative", jusqu'en mars 2006. En 2003, le gouvernement procédait au rachat en masse de l'ensemble des créances douteuses des banques. En 2004, l'économie sortait de la déflation et retrouvait le chemin de la croissance. En 2005, le niveau des créances douteuses était revenu à 3,5% de l'encours des crédits. La crise bancaire était enfin close. Les banques pouvaient commencer à rembourser les fonds reçus de l'Etat et reprendre leur activité de crédit.

Reconnaître et intervenir
La stratégie des autorités américaines, et tout particulièrement de la Fed, face à la crise financière actuelle illustre a contrario les leçons tirées de l'expérience japonaise. La première leçon est que rien ne sert de se voiler la face: en niant plusieurs années durant la gravité de la crise et en laissant les banques masquer leurs pertes dans des artifices de bilan, plutôt que de les assumer et d'y faire face au plus vite, les autorités japonaises ont laissé la détresse financière s'installer dans toute l'économie.

La seconde leçon, qui découle de la première, est que la vitesse de réaction des autorités, et en particulier de la Banque centrale, est décisive pour bloquer la propagation de la crise à l'ensemble du secteur financier, puis à l'économie réelle. Alors que la bulle boursière éclatait au Japon en décembre 1989 et que le nikkeï perdait 40% de sa valeur en un an, la Banque du Japon a continué de resserrer le crédit, augmentant son taux directeur de près de 2 points au cours des douze mois suivants. Il faudra attendre juillet 1991 pour qu'elle se décide à baisser ses taux modestement et jusqu'en 1995 pour qu'elle se résolve à les ramener à proximité de zéro, alors que la déflation menaçait déjà. Le contraste est saisissant avec l'attitude de la Fed, qui les a baissés de plus de 3 points en six mois, alors même que la hausse des prix s'emballait sous l'effet de l'inflation importée.

La troisième leçon, manifestement assimilée par la Fed, est qu'au-delà du taux d'intérêt, la banque centrale dispose d'une arme maîtresse qui est sa capacité à accroître presque indéfiniment son bilan. Pour cela, il lui suffit de démultiplier le volume et d'élargir la gamme des titres qu'elle accepte de refinancer, ainsi que la nature des opérateurs susceptibles de frapper à sa porte (2). Mise en oeuvre aux Etats-Unis immédiatement après la cessation de paiement de Bear Stearns, la politique de "détente quantitative" inventée par la Banque du Japon a joué un rôle clé dans le freinage de la propagation de la crise américaine, même si elle s'est avérée insuffisante à l'enrayer.

Ce qui nous amène à la quatrième leçon, la plus difficile: l'activisme de la banque centrale ne peut se substituer à l'injection de capitaux publics dans le secteur bancaire. Les relances budgétaires successives pratiquées par le gouvernement japonais dans la première partie des années 90 n'auront servi à rien si ce n'est à doubler la dette publique. Seuls le rachat massif des créances douteuses et la restructuration du secteur bancaire imposée par les pouvoirs publics ont pu mettre un terme au credit crunch (le rationnement du crédit). Il aura fallu douze ans aux autorités japonaises pour s'y résoudre. Un an a suffi aux autorités américaines, grâce notamment à la force persuasive du gouverneur de la Réserve fédérale, Ben Bernanke. Celles-ci ont, il est vrai, l'avantage de l'expérience, et surtout la détermination à en tirer parti.

Article publié sur Alternatives Economiques
http://www.alternatives-economiques.fr/les-lecons-de-la-deflation-japonais_fr_art_801_40862.html