Conséquence de l'envolée de ce prix moyen, les Français empruntent des montants de plus en plus élevés pour devenir propriétaire. Cette année, les banques ont prêté en moyenne 168.409 euros contre 159.768, l'année dernière. Du jamais-vu pour Maël Bernier. «Normalement quand les taux sont bas, les prix doivent baisser, explique-t-elle au Parisien. Or, ils stagnent. Ce qui veut dire que les gens qui ont les moyens en profitent pour emprunter plus pour acheter plus grand, d'où l'envolée».
L'Allemagne n'a que 53% de propriétaires
Autre fait marquant de l'étude: le revenu net moyen du candidat à la propriété s'établit en 2013 à 4500 euros, soit 800 euros de plus qu'il y a neuf ans. Or, selon les derniers chiffres de l'Insee, moins de 20% des Français perçoivent plus de 4467 euros par mois, tous revenus confondus. De plus, en neuf ans, l'âge moyen des acquéreurs a augmenté de trois ans, pour se fixer à 37 ans. «Cette tendance montre que l'acquéreur moyen en France n'est plus Monsieur et Madame Tout-le-Monde. Si vous n'êtes pas déjà propriétaire ou si vous n'avez pas hérité, c'est compliqué», explique Maël Bernier.
Aujourd'hui, près des deux tiers des Français sont propriétaires d'un bien immobilier. Avec ce taux, le pays occupe la 26e place sur les 28 de l'Union européenne. Le champion d'Europe de l'accession à la propriété est la Roumanie où 96,6% de la population possède un appartement ou une maison. Le petit nouveau dans l'Union européenne, la Croatie, occupe la deuxième place (92,1%). Suivent deux pays d'Europe du sud, l'Espagne (82,7%) et l'Italie (72,9%). En bas du classement, on retrouve l'Allemagne avec 53,4% de propriétaires. «C'est culturel: l'Europe du sud aime la pierre», conclut Maël Bernier. Car la location est aussi synonyme de mobilité et permet ainsi d'éviter les conflits de génération.




