samedi 31 juillet 2010

Interview Capital du réunionnais Loïc Abadie

"La fuite en avant de la Chine pourrait provoquer le prochain krach"

Capital.fr : Avec une croissance quasiment à deux chiffres, la Chine offre un contraste saisissant avec la reprise poussive des pays développés. En quoi la situation de l'Empire du milieu diffère-t-elle de celle des Etats-Unis et de l'Europe ?

Loïc Abadie : Les deux régions sont très différentes. La Chine est un pays émergent, avec chaque année un afflux de nouveaux travailleurs et consommateurs, ce qui n'est pas le cas des pays occidentaux. Chez nous, il y a eu une fuite en avant dans l'endettement, si bien que nous sommes désormais gangrenés par la consommation à crédit, tandis qu'en Chine, il y a eu une fuite en avant dans l'investissement, qui s'est accentuée avec la crise et les mesures gouvernementales de soutien.

Evolution du taux d'épargne des ménages américains
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Le choc de 2008 sur la croissance mondiale a en effet amené Pékin à abaisser drastiquement ses taux directeurs et à favoriser les investissements tous azimuts. L'investissement privé, notamment dans l'acier et le ciment, ainsi que l'investissement public, au niveau de l'Etat et des collectivités territoriales.

Consommation de ciment (totale et par habitant)
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Capital.fr : Ces investissements massifs ne risquent-ils pas de se traduire par des surcapacités ?

Loïc Abadie : En effet. Alors que la formation brute de capital fixe [mesure du flux annuel d'investissements réalisés dans un pays, NDLR] de l'Empire du milieu se limitait à 40% du produit intérieur brut avant la crise, elle dépasse désormais 80%. Si cette tendance devait se prolonger au second semestre, il y aurait un risque important de formation de surcapacités.

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